Home Blogs « J’ai payé une garantie locative de 1500 euros, mais l’appartement ne pouvait pas être loué »

« J’ai payé une garantie locative de 1500 euros, mais l’appartement ne pouvait pas être loué »

La politique d’intégration ralentit l’inclusion des familles réfugiées en Belgique

Dès qu’ils obtiennent une protection internationale en Belgique, les demandeurs d’asile entrent dans une période de changements rapides et intenses. Ils doivent quitter le centre d’accueil dans un délai maximum de deux mois. C’est précisément à ce moment critique qu’ils reçoivent le moins de soutien. Pendant quatre ans, des chercheurs des universités belges de Gand (UGent), Louvain (KU Leuven et Université Catholique de Louvain) en du Collège Odisee ont collaboré – dans le cadre du projet REFUFAM – pour écouter les expériences des familles de réfugiés et d’autres experts.

1500 euros de garantie locative pour un appartement illégalement mis en location

Une fois la protection internationale obtenue, la priorité absolue des réfugiés est de trouver un logement. Un domicile officiel est indispensable pour s’inscrire à la commune et au CPAS, ouvrir un compte bancaire, s’inscrire à une formation ou entamer le parcours d’intégration. Pourtant, aucun accompagnement n’est prévu pour la recherche de logement, ce qui rend les réfugiés vulnérables aux abus.

Un ancien mineur non accompagné raconte dans le livre Familles de refugiés après leur reconnaissance:

«

Lorsque ma famille est arrivée, on dormait tous dans le petit studio où je vivais. C’était vraiment la folie. Un si petit espace pour tant de monde. (…) Puis j’ai trouvé une maison dans [la commune X]. J’ai versé une caution de 1500 euros, mais nous avons découvert plus tard que la maison n’était pas autorisée à la location par la commune. Et le propriétaire ne m’a jamais rendu ma caution. Il a juste pris mon argent. Puis, en octobre, nous avons dû quitter mon studio. Ma famille et moi étions sans abri. »

Finalement, trois mois plus tard, ils ont trouvé un logement grâce à des contacts. Le CPAS n’a pas pu aider.

Un fossé entre la politique et la réalité

Ce témoignage n’est qu’un exemple parmi tant d’autres qui démontrent le grand écart entre la rhétorique des politiques et la réalité. Dès que les réfugiés reçoivent une protection internationale, ils doivent se débrouiller seuls dans un labyrinthe d’administrations, de niveaux de pouvoir et d’obligations. Parfois, les autorités limitent l’accès à l’État social et à la protection sociale aux citoyens déjà installés. Parfois, c’est la complexité administrative d’un pays aux multiples niveaux de compétence qui empêche une mise en œuvre efficace des politiques.

Le parcours des témoins dans le livre montre que la politique d’intégration crée parfois plus d’obstacles qu’elle n’en supprime. « Si l’on souhaite que les familles réfugiées trouvent un emploi durable, apprennent la langue, se sentent chez elles et réalisent leur plein potentiel, les décideurs politiques doivent abandonner l’idée qu’une politique plus stricte, plus rigide et plus sévère mènera à l’inclusion sociale », insistent les auteurs Mieke Groeninck et Robin Vandevoordt.

À propos du projet REFUFAM

REFUFAM examine comment la politique belge en matière de migration et d’intégration peut être réformée afin de renforcer l’inclusion sociale des familles réfugiées. Pendant quatre ans, des chercheurs des universités de Gand (UGent), de Louvain (KU Leuven et UCLouvain) et le Collège d’Odisee ont collaboré sur ce projet.

À propos du livre Familles de refugiés après leur reconnaissance

Lorsqu’une famille réfugiée obtient enfin la reconnaissance et quitte le centre d’accueil, elle doit reconstruire sa vie en Belgique. Trouver un logement, inscrire les enfants à l’école et entamer le parcours d’intégration s’avèrent souvent inutilement complexe. La politique d’accueil est morcelée entre différents niveaux de pouvoir et domaines politiques. Elle présente de nombreuses lacunes et contradictions qui compliquent et ralentissent l’inclusion des réfugiés reconnus.

Dans ce livre, nous écoutons les témoignages des familles elles-mêmes. Comment perçoivent-elles les opportunités et les obstacles à la construction d’une nouvelle vie ici ? Comment les travailleurs sociaux et bénévoles vivent-ils cette politique fragmentée et parfois incohérente ? Que se passe-t-il quand la politique érige des barrières qui, paradoxalement, limitent l’autonomie des réfugiés ?

Le livre a été publié par Acco.

 

 

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